​Quand le fruit se fait attendre : Traverser la déception pour éclore à soi-même

​Il est des saisons dans la vie où le sol semble désespérément stérile. On investit du temps, de l'énergie, on s'engage dans un long chemin de guérison ou de thérapie pendant des années, on y met tout son cœur... et pourtant, rien ne semble bouger. La déception s'installe, lourde, accompagnée d'un sentiment d'inutilité. On en vient à penser : "Je fais fausse route, tous mes efforts ne servent à rien, je n'avance pas. Je suis un cas désespéré."

​Cette souffrance fait écho à une image forte, celle de la parabole du figuier dans l'Évangile de Luc (13, 7) :

​"Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. Pourquoi occupe-t-il le terrain inutilement ?"

​Comme ce propriétaire, nous sommes souvent nos juges les plus sévères. Nous regardons nos vies et nous nous disons que nous occupons le terrain pour rien, que nous ne portons aucun fruit visible, et la tentation est grande de tout abandonner, de baisser les bras face à cette impression de vide.